Dimanche 21 août 2011
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Le Monde de Simenon, volume 1, Editions Le
Monde.
Il nous parle d’un temps....
Simenon, je le prenais pour une vieille connaissance. Simenon et Maigret, bien sûr. Quelle
différence ? Et les Maigret je les connais tous par coeur que ce soit sur le petit ou sur le grand écran, incarné par le modeste Jean Richard ou le sublime Bruno Crémer en passant par Jean
Gabin.
Et puis le Monde décide, au printemps 2011 de publier en vingt volumes, sous la houlette de
Pierre Assoulin, une soixantaine des 192 romans que le père de Maigret a publié sous son nom.
Nous achetons le premier et là, je découvre, stupéfaite, éblouie, je n’ai pas peur de
l’avouer, un écrivain à l’écriture souveraine, poétique, fascinante qui vous plonge dans des univers très noirs, certes, mais pleins d’humanité, de tendresse et pafois de légèreté et qui fouille
l’âme humaine avec autant de profondeur et de subtilité qu’un Marcel Proust, pour ne citer que lui.
Je connaissais Simenon, je croyais le connaître, je ne l’avais jamais lu !
Un style, des personnages ou plutôt des « personnes » tellement vivantes, tellement
« exactes » que l’on croirait lire des biographies avec, en prime, des suspenses tels que chaque chapitre terminé réclame d’attaquer le suivant.
Enfin, une peinture de la societé du milieu du XXème siècle, des années 30 aux années 50, societé qui nous semble aussi obsolète que la Cour du roi Soleil.
Les trois romans du premier volume s’appellent :
« La fuite de Monsieur Monde » qui conte la disparition soudaine d’un grand
industriel parisien le jour de son 48ème anniversaire que personne n’avait pensé à lui souhaiter ;
« Maigret s’amuse », un Maigret plein de légèreté ou le Commissaire mis en
« vacances » obligatoire par son médecin traitant, s’amuse à suivre une enquête policière à la manière du public de l’époque : sans l’aide de la PJ, sans portable, sans télé, sans
Internet, juste avec les journeaux et la radio qui publient les faits divers comme de véritables feuilletons ;
et enfin « Strip-tease », peinture noire et un peu glauque, je le reconnais, de
l’envers du décors d’un cabaret de la Côte d’Azur avec les patrons, les danseuses, les clients, les petites vacheries et les véritables drames.
Essayez ce premier volume et vous ferez sans doute comme moi, vous achéterez toute la
série... pour les lire, pas seulement pour décorer votre bibliothèque.
Julie
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