Dimanche 15 novembre 2009
voir également la critique de Jean-Claude
Un régal grâce à Pierre Arditi, l'homme à la voix de velours.
Un écrivain essaie d'oublier une rupture amoureuse à Ostende dans une pension de famille. Cette pension est dirigée par une vieille dame qui lui raconte le grand amour de sa vie. C'est romantique
en diable, c'est raconté dans un style assez rare qui me rappelle, pour autant que je m'en souvienne, André Maurois.
Cinq nouvelles du même acabit où l'inattendu surgit à chaque p(l)age.
Un travail d'orfèvre dans la diction.
Amitiés maritimes,
Guy.
Par Guy
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Neuf nouvelles sur la joie de la
découverte.
Le patronyme Larsson semble assez répandu en Suède. Garant de talent littéraire? Un autre prénommé Stieg a fait le tour du monde avec son Millénium. Björn, né en
1953, a commencé par une carrière de navigateur. Puis il est devenu maître de conférences en français à l'université de Lund. Il est traducteur, philologue et critique. Pourquoi cette longue
introduction? Simplement pour signaler un livre pétri d'intelligence: neuf nouvelles mettant en scène des intellectuels de haut vol: philologue, généticienne, linguiste, astronome, spéléologue,
virologue, philosophe, chimiste et enfin écrivain. Tous ont en commun un rêve, une quête, à commencer par celle du Graal pour le philologue. Il le découvrira mais pas celui que l'on croit. Une
autre découvrira l'amour, un troisième verra le prix Nobel lui échapper de peu. Et la dernière histoire raconte le destin décalé de l'écrivain qui veut écrire le chef d'oeuvre parfait.
Beaucoup de tendresse et d'autodérision dans ces textes. Chacun(e) recherche SA vérité. Et tous arrivent à la conclusion que la condition humaine, eh bien, ce n'est pas si tragique que
cela...
Un bémol : une traduction un peu approximative.
Amitiés cérébro-sentimentales,
Guy.
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Vendredi 13 novembre 2009
Etrange O.R.N.I. (objet rigolo non identifié) que cet opus écrit par un Argentin exilé à Madrid. Cela tient du policier, du roman sociologique , de la pochade, du
traité ethnographique. Et c'est fort drôle.
Octavio se réveille à côté du cadavre de sa teigneuse épouse dans un hôtel de Marrakech. Il ne tarde pas à se lier avec un filou argentin dénommé Soldati. Grand amateur de tango, il entraînera
Octavio dans un road movie sur les pistes sahariennes où ils rencontreront la réincarnation de Carlos Gardel une icône en Argentine. S'ajoutent au tableau un Bolivien entouré de féroces gardes du
corps, un prix Nobel de littérature qui s'appelle Mowles (pour les gens informés: un portrait irrespectueux de Paul Bowles), un matou à mauvais caractère, l'une ou l'autre créature à la sexualité
insatiable. Mélangez et secouez.
Une ode à l' Argentine ce grand pays peuplé de gauchos où l'on mange des steaks grands comme des oreillers et surtout où règne l'amour fou et immodéré du tango cette danse mise à l'index par une
église bien pensante.
Une des clés du livre se trouve à la dernière page (Remerciements) : ... A mon professeur qui, lors de mes quinze ans dans un collège de Patagonie menacé par l'imminence de la dictature
militaire, m'a appris que voler des voitures était bien moins amusant que lire des livres".
Amistades del Sur,
Guy.
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Will Friedrich, psychologue et chercheur, s'associe au Dr Bunny Winton, psychiatre, afin de tester un médicament miracle sorte de pilule du bonheur tiré d'une plante cultivée par les cannibales.
Un certain Casper fera capoter le projet, il arrivera des bricoles aux protagonistes de l'histoire y compris les 4 enfants du psy.
L'histoire commence dans les années 50 et se termine (provisoirement ?) en 1994.
Une agréable découverte surtout dans la première partie du livre.
Les apprentis sorciers et les bricoleurs de la psychopharmacologie pourraient y trouver matière à réflexion. Les prescripteurs également. Il n'est que de voir le succès mondial des drogues de
style Prozac. Est-il bien nécessaire de médiquer tout individu sortant de la norme? Est-il vraiment fou celui qui dit non au monde qui l'entoure?
L'humour et le drame se côtoient dans cette intelligente description du monde occidental.
Amitiés antidépressives,
Guy.
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Lu par Eric Herson Macarel (un authentique pro) un roman policier contenant tous les ingrédients: un homme seul, la violence (raciale et l'autre...cela se passe en
Afrique du Sud), le sexe, l'amour, la musique, le fric, le mystère.
Zatopec, dit "Zet" van Heerden est un flic déchu de la brigade des vols et homicides du Cap. Il traîne de bar en bar une culpabilité dévorante et une violence à fleur de peau. C'est donc
presque malgré lui qu'il est amené à enquêter, pour le compte de l'avocate Hope Beneke, sur le meurtre de Johannes Jacobus Smit tué d'une balle de M16 dans la nuque après avoir été torturé à la
lampe à souder. Wilna, l'épouse de la victime, rapidement mise hors de cause, les pistes sont minces pour orienter les investigations de Zet. Prêt à renoncer, il découvre par hasard que le coffre
de la victime contenait des dollars US et que Smit cachait des secrets risquant de mettre en péril de hautes instances qui n'ont guère envie de faire la lumière sur des affaires empoisonnées aux
relents de racisme d'avant apartheid.
Un personnage attachant, constamment en colère et sous pression, rongé par une faiblesse et une faute passées dont il ne se délivrera qu'en écrivant sa propre histoire non comme un romancier mais
plutôt comme témoin de sa propre vie. Quant à l'apartheid, autre faute du passé, elle est relatée par l'écrivain à travers l'enquête de Zet qui se double d'une quête d'amour et de rédemption.
Cette construction originale donne au roman une puissance et un lyrisme dignes des plus grands.
J'ai repris en grande partie la critique de Claude Mesplède, grand spécialiste de polars.
Amitiés du Bush,
Guy.
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Mercredi 11 novembre 2009
Un thriller dans le monde médical. L'auteur est médecin et il s'est passionné pour l'étude du sommeil. Dès les premières pages une psychiatre est assassinée en
même temps que sa petite fille. Son mari, artiste dans le vent, souffre d'hallucinations: il revoit sans fin le visage du meurtrier mais n'arrive pas à retenir cette image. Surtout il faut
éviter qu'il ne sombre dans le sommeil.
Un jeune flic trouvera la solution avec l'aide d'une psy un peu déjantée.
Pas mal d'invraisemblances, un suspense un peu artificiel.
Cela se laisse lire, cela ne m'a pas tenu éveillé.
Amitiés ensommeillées,
Guy.
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Mercredi 11 novembre 2009
Un thriller de temps en temps pour se secouer les méninges.
Une sombre histoire de complot mondial avec manipulations cérébrales.
De la psychiatrie de monoprix. Les deux héros seuls contre tous. Une enquête intercontinentale. Un happy end. On a eu peur pour eux. Un petit goût de "da Vinci code". Un bon moment en
compagnie de l'auteur de Genesis.
Amitiés comploteuses,
Guy.
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Nathan Zuckerman, l'alter ego récurrent de Philip Roth, frappe un nouveau grand coup.
Retiré depuis 11 ans dans une maison isolée du Massachusetts sans contact avec la monde mais entouré de livres, l'ami Nathan décide de se rendre à New York. Sa retraite faisait suite à une
opération pour un cancer de la prostate avec les conséquences que l'on sait : incontinence urinaire et impuissance sexuelle. Ce qu'il voudrait surtout c'est pouvoir cesser d'employer des couches
culottes et une petite intervention pourrait améliorer son état.
A peine débarqué à NY, il retrouve tout ce qu'il a fui: l'agitation , la compétition , mais aussi le dynamisme, la créativité d'une ville à nulle autre pareille. Il y retrouve une amie perdue de
vue depuis 50 ans atteinte d'une tumeur cérébrale terminale. Il sera harcelé par un certain Kliman qui voudrait écrire une biographie de E. Lonoff, le mentor de Nathan.
Sur un coup de tête, il décide d'échanger sa maison pendant 1 an contre un appartement occupé par un jeune couple d'écrivains. A peine entrevue, la jeune Jamie provoquera un électrochoc chez le
vieux dragueur privé de ses capacités érectiles. Il devra se contenter de ses souvenirs amoureux faute de pouvoir passer aux travaux pratiques.
Un livre d'une jeunesse, d'une culture et d'un humour exceptionnels.
Roth est décidément un des phares de la littérature américaine actuelle.
La mise en dialogues sous forme théâtrale des fantasmes du vieil homme légèrement salace: du petit lait.
A conseiller sans réserve à tous ceux et toutes celles qui veulent approfondir leur connaissance de la libido masculine. Qui n'est pas aussi primaire que certaines attitudes machistes voudraient
le faire croire.
Amitiés libidineuses,
Guy.
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Un soir d'été, l'auteur se fait voler une mallette contenant, entre autres, le manuscrit de son dernier roman.
Dans un premier temps il se barricade chez lui (on lui a également volé ses clés). Peu à peu surgissent des souvenirs d'enfance, de perte et de deuil, mais aussi d'apprentissage. Cet épisode est
l'occasion d'un retour sur soi d'un auteur pratiquant une langue dune pureté cristalline. Cette réflexion sur la vie et l'écriture l'amènera à ne pas publier son texte , après que celui-ci ait
été retrouvé en Sologne.
A propos des morts que l'on porte en terre:
"...on pense , au garde-à-vous devant les cadavres, à ce trésor qu'ils emportent. Tous, même les plus humbles. Mémoire, savoir-faire, expérience, rêves: au moment où, pour l'éloge et le chagrin,
on en fait la somme, il n'en reste rien. Les vivants sont le lieu de prodigieuses rencontres, le creuset d'énergies formidables: qu'en advient-il? Ils passent , dans un hoquet ou un souffle et le
néant prend leur dépouille."
N'est-ce pas le rôle des livres : une forme de survie ?
Amitiés pérennes,
Guy.
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Hier, j'ai eu l'occasion d'administrer des vaccins aux employés d'une gigantesque société de 'consulting'. Leurs émoluments pharaoniques sont générés par
l'exploitation de sociétés clientes où les salariés touchent des mensualtés dépassant rarement 20 fois le SMIC.
Des centaines d'employés, 3 bâtiments ultra-équipés. J'ai visité les toilettes: des lavabos comme des baignoires - avec oeil magique, doubles rouleaux de PQ - on ne sait jamais, des urinoirs avec
un mignonne petite mouche dans le fond - pour mieux diriger le jet - le sol comme une patinoire olympique. Les jardins de Babylone n'atteignaient pas ce standing... Dans le parking une armada de
voitures de luxe de 400 CV et plus avec les petites loupiotes de sapins de Noël comme il semble que ce soit la mode actuellement.
J'ai vu deux gamins portant une pèlerine digne de la cour de Russie, celle du temps des tsars. Le paradis je vous dis... La charmante hôtesse d'accueil semblait heureuse de me voir
débarquer sans cravate.
Mais voici où je voulais en venir.
Dans un but d'information sociologique, j'avais mis en évidence sur la table qui me servait de bureau deux livres: "Exit le fantôme" de Philip Roth et "Roman volé" de François Nourrissier
(critiques suivent).
Sur les 55 personnes qui ont défilé, tous universitaires de haut niveau, un seul - UN SEUL - m'a fait la remarque: Vous aimez les livres? Personnage atypique dans ce monde de luxe, sa moustache
n'était pas taillée au cordeau et sa chemise n'avait pas été repassée dans les deux heures précédant notre rencontre. Dans son regard j'ai décelé un soupçon de poésie...
Courage amis lecteurs, il nous reste encore beaucoup à démontrer.
Amitiés décérébrées,
Guy.
Par Guy
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